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LE COLLIER DE SOIE

X. L'AUBE SOUS SON REIGNE

         Le soleil n’avait pas encore pleinement franchi les collines toscanes lorsque Nicolas ouvrit les yeux, réveillé par la fraîcheur du sol et la tension de la cordelette de soie qui liait toujours ses poignets au pied du lit. L’odeur des sandales d’Alice, encore collées à son visage, emplissait ses narines, un rappel olfactif de sa place. Il se dégagea avec précaution, habitué à anticiper les besoins de sa maîtresse avant même qu’elle ne les exprime. Le rituel du matin était gravé en lui : il devait être debout bien avant elle, prêt à exécuter chaque tâche avec une précision mécanique.

 

         Dans la cuisine de la villa, il s’affaira en silence. Le café – un espresso serré, comme elle l’exigeait – fut préparé dans la petite cafetière italienne qu’elle aimait voir sur le plateau. Il trancha une figue fraîche en quartiers impeccables, pela une pêche mûre avec un couteau à lame fine, et disposa deux tranches de pain grillé tartinées d’une confiture d’abricot artisanale qu’ils avaient achetée au village. Une rose rouge, cueillie dans le jardin avant l’aube, compléta le plateau, posée dans un verre étroit. Chaque détail comptait : un grain de sucre mal placé ou une goutte de café renversée pouvait transformer son réveil en une leçon d’humiliation.

 

         À 7h30 précises, il gravit l’escalier, le plateau en équilibre, et entra dans la chambre. Alice dormait encore, sa silhouette enroulée dans les draps blancs, un bras élégamment rejeté sur l’oreiller. Il déposa le plateau sur la table de chevet, s’agenouilla au pied du lit, et attendit, immobile, les yeux fixés sur le sol. Quelques minutes plus tard, elle remua, étirant ses membres avec une grâce féline avant d’ouvrir les yeux. « C’est prêt ? » murmura-t-elle, la voix encore rauque de sommeil. Il hocha la tête, et elle se redressa, attrapant la tasse d’espresso sans lui accorder un regard. Elle sirota lentement, goûtant chaque élément du petit-déjeuner avec une attention détachée, tandis qu’il restait là, statue vivante à ses pieds.

 

         « Pas mal, » dit-elle enfin, reposant la tasse vide. « Mais la pêche était trop mûre. Tu devrais mieux choisir demain. » Elle repoussa le plateau et s’adossa aux oreillers, ses cheveux subtilement en désordre encadrant son visage. « Prépare-moi un bain. Je veux de la mousse à la lavande et l’eau bien chaude. Va. »

 

         Nicolas s’empressa de rejoindre la salle de bain, Là, il s’allongea à plat dos sur le carrelage froid près de la baignoire, attendant en silence, comme le rituel l’exigeait. L’eau du bain était déjà prête – il l’avait réglée à la température parfaite, avec une mousse à la lavande qui emplissait l’air d’un parfum entêtant.

 

         Quelques minutes plus tard, Alice entra, sa nuisette de soie glissant sur ses épaules, ses pas légers résonnant sur le sol. Elle s’arrêta au-dessus de lui, le regardant à peine, et claqua des doigts. « Redresse-toi, » ordonna-t-elle. Nicolas s’assit, sa tête arrivant juste à hauteur de sa vulve. « Ouvre la bouche, » dit-elle, son ton aussi froid qu’un décret royal. « Et ne rate pas une goutte, ou je te ferai regretter d’être né. » Il obéit, les lèvres tremblantes, et elle se soulagea directement en lui, l’urine de la nuit coulant dans sa gorge avec une chaleur âcre. Il avala chaque goutte, concentré pour ne pas faillir, conscient que la moindre éclaboussure lui vaudrait une punition bien pire que l’humiliation qu’il endurait déjà. Quand elle eut fini, elle essuya une gouttelette imaginaire du bout du doigt et la porta à ses propres lèvres, un sourire cruel aux coins de la bouche. « Bien, » murmura-t-elle. « Tu apprends. »

 

         « Allongé ! » ordonna-t-elle ensuite. Nicolas se recoucha immédiatement, dos contre le carrelage. Alice posa un pied nu sur son torse, puis l’autre, marchant sur lui comme sur un tapis vivant pour atteindre la baignoire. Son poids s’enfonça dans sa chair, ses talons appuyant juste assez pour lui arracher un souffle contenu, mais il resta immobile, un objet sous ses pas. Elle entra dans l’eau, soupirant de plaisir alors que la mousse l’enveloppait, et s’adossa contre le marbre, ses pieds reposant nonchalamment sur le bord.

 

         Pendant qu’elle se prélassait, Nicolas restait là, étendu près de la baignoire, le goût de Alice encore sur sa langue, le corps marqué par ses empreintes. Elle finit par se redresser, l’eau clapottant autour d’elle, et le regarda du coin de l’œil. « Retourne dans la chambre, » dit-elle. « Range mes affaires, change les draps et nettoie le sol. Et assure-toi que la robe que je vais porter aujourd’hui est exempte de plis, sinon repasse la moi. » Il se leva, toujours silencieux, et quitta la pièce, laissant Alice seule dans son bain, savourant la douce volupté de ce moment de détente, satisfaite de cette vie de règne.