LE COLLIER DE SOIE
XIV. LA CHAMBRE DES SOUVERAINES
Alice et Marie pénétrèrent dans la chambre, leurs corps encore vibrants de l’ivresse de leurs ébats au salon. La lumière tamisée des lampes de chevet jetait une lueur douce sur le grand lit à baldaquin, où elles se laissèrent tomber, épuisées mais électrisées. Elles se blottirent sous les draps, leurs jambes s’entremêlant avec une aisance naturelle, et leurs lèvres se trouvèrent dans un baiser tendre, presque suspendu dans le temps. Leurs souffles se croisèrent, chauds et irréguliers, un moment charnel qui contrastait avec la sauvagerie du canapé. Alice passa une main dans les cheveux de Marie, tandis que celle-ci caressait doucement son épaule, leurs rires étouffés se mêlant à une intimité nouvelle.
À quelques mètres, Nicolas reprenait ses esprits, le goût du silicone et de leur plaisir encore collé à sa langue, le bâillon-gode toujours sanglé à son visage. La soirée n’était pas finie – il le savait, chaque silence d’Alice était une promesse d’autres ordres. Il rampa vers la chambre à quatre pattes, sa nuque endolorie protestant à chaque mouvement, et entra dans la pièce où les deux femmes s’enlaçaient déjà. Marie, du coin de l’œil, le repéra et ne put retenir un éclat de rire, un son aigu qui brisa leur étreinte. « Oh, regarde-le, Alice ! » s’exclama-t-elle, amusée. « Ton chien a toujours son jouet dans la gueule ! » Alice tourna la tête, et un sourire moqueur étira ses lèvres. Elles pouffèrent ensemble, leurs rires résonnant comme une humiliation légère mais cinglante.
« Viens ici, » ordonna Alice, tapotant le bord du lit. Nicolas s’approcha, tête baissée, et elle se pencha pour défaire les sangles du bâillon, le retirant avec une désinvolture calculée. Le gode, luisant de leurs sécrétions mêlées, pendait dans sa main, et elle le tendit vers lui. « Suce-le, » dit-elle, sa voix basse mais impérieuse. « Nettoie bien. » Nicolas, loin d’être écœuré, y vit un étrange éclat de tendresse – un rare moment où elle lui offrait quelque chose d’elle, même sous cette forme dégradante. Il prit le gode entre ses lèvres, léchant le mélange sucré-salé de leurs plaisirs avec une dévotion muette, ses yeux mi-clos captant un instant fugace de connexion. Mais Alice ne s’attarda pas : elle reposa l’objet sur la table de chevet et attrapa la laisse qu’elle avait laissée là ce matin, l’attachant au collier de Nicolas d’un geste expert.
Elle ajusta la longueur, lui laissant juste assez de mou pour se glisser sous la couette, et claqua des doigts. « Sous les draps, » ordonna-t-elle. « Nettoie-nous. » Pour Nicolas, c’était un privilège rare, une offrande qu’il savourait malgré tout. Pouvoir lécher la vulve d’Alice, surtout sans l’ombre d’un autre homme, était un cadeau qu’il accueillait avec une gratitude secrète. Il se faufila sous les draps, l’odeur chaude et musquée des deux femmes l’enveloppant comme un voile. Marie, en première ligne, écarta les cuisses et saisit sa tête à deux mains, guidant sa langue avec une autorité espiègle. « Lentement, et fort, » murmura-t-elle, sa voix tremblante d’anticipation.
Nicolas s’appliqua, ses coups de langue profonds et réguliers traçant des sillons sur sa peau sensible. Marie gémit presque immédiatement, un son rauque qui monta en intensité à mesure qu’il accentuait ses mouvements. Elle était belle – son corps élancé, son assurance mêlée de cette malice qui la rendait irrésistible – et il ne pouvait s’empêcher d’admirer cette femme qui, comme Alice, le dominait sans effort. Alice, sentant l’élan de Marie, se pressa contre elle, leurs corps se frottant dans une danse instinctive, et l’embrassa avec une fougue renouvelée. Les gémissements de Marie s’amplifièrent, ses doigts se crispant dans les cheveux de Nicolas, et il redoubla d’efforts, sa langue explorant chaque repli, recueillant chaque goutte de son plaisir. Le moment s’étira, une lente montée vers l’extase – elle haletait, ses hanches tremblaient, et enfin, un cri aigu déchira l’air alors qu’elle jouissait, son corps secoué de spasmes qui laissèrent Nicolas trempé mais concentré, déterminé à ne pas faillir.
Puis ce fut au tour d’Alice. Elle écarta les jambes avec une nonchalance presque mécanique, un contraste frappant avec l’abandon de Marie. « Nettoie-moi, » dit-elle simplement, sans chercher l’orgasme – juste un rituel utilitaire, une toilette du soir qu’elle considérait comme acquise. Nicolas passa sa langue sur sa vulve, puis sur son anus, un nettoyage méthodique qu’il exécutait avec une précision rodée. Elle ne réagit pas, ou à peine – un léger soupir, peut-être – et se tourna vers Marie, reprenant leur conversation comme si de rien n’était. « C’était incroyable, ce soir, » murmura-t-elle, un sourire satisfait aux lèvres. « On aurait dû faire ça plus tôt. » Marie, encore essoufflée, hocha la tête. « Tellement de plaisir… Tu avais raison, c’est mieux à deux. »
Quand il eut fini, Alice repoussa les draps d’un geste sec, le libérant de sa position. « Dehors, » dit-elle, et il rampa jusqu’au pied du lit, reprenant sa place sur le tapis. Les deux femmes se blottirent à nouveau, leurs murmures s’éteignant peu à peu dans la fatigue. Alice s’endormit la première, sereine, tandis que Marie, encore émerveillée, sombra à son tour. Nicolas, lui, resta éveillé, le goût de leurs plaisirs sur sa langue, la cage serrant son désir contenu, attendant la prochaine exigence d’une nuit qui n’en finissait jamais.